Le zéro déchet, on en parle beaucoup et de plus en plus. Pour certains, ce serait une mode de bobos parisiens, un mouvement réactionnaire ou passéiste ou encore un passe-temps  pour «  les personnes qui n’auraient rien d’autre à faire ». Et pourtant… Plus je me documente, plus je me rends compte combien le mouvement dépasse ces clichés. C’est un vraiment mouvement de fond, un véritable mode de vie qui doit nous permettre de vivre mieux en consommant mieux et plus sain.

Pour ma part, je suis tombée dedans il y a quelques mois. Enfin c’est ce que je pensais. Avec du recul, c’est la façon donc j’ai été tout simplement élevée. Nous n’en parlions pas à la maison c’était notre mode de vie. Du côté de ma maman le quotidien ressemblait à :  finir son assiette, ne pas jeter les restes, s’assurer qu’un produit n’est plus consommable avant de le jeter. Du côté de mon père, j’ai toujours entendu dire «  éteignez les lumières », « ne restez pas 10 minutes sous la douche ». Pour la petite anecdote, j’ai même été privée de douche pendant un mois et contrainte de me laver au lavabo ! Ca ne rigolait pas à la maison. Pour mon père gaspillage et économie est tout une affaire de valeur.  Chaque objet peut faire l’objet d’une réparation, on n’achète uniquement ce dont on a réellement besoin et on se documente avant de passer à l’achat. Nous avons d’ailleurs eu un lecteur VHS à la maison lorsque les DVD faisaient leur apparition….  Les extrêmes ne sont jamais bons, même pour la planète car notre lecteur VHS a été remplacé plus vite que prévu !

Alors aujourd’hui pourquoi je suis en route vers le zéro déchet ?

Famille presque zéro déchet

Le déclic s’est fait autour d’une discussion à l’école de ma fille. Nous échangions sur les fêtes de Noël, l’occasion de consommer beaucoup de plastique et d’emballage. C’est à ce propos, qu’on m’a conseillé le livre «  Une famille presque zéro déchet », que j’ai dévoré en deux soirées.

Un guide pratique illustré qui met en évidence le gaspillage de plastique, grâce des exemples très concrets, et des recettes. Un exemple marquant est celui du petit poney venu de Chine emballé avec un blister, des cales en  carton, un sur emballage en carton, des attaches en acier et en d’autres plastique. Ou alors celui des cotons démaquillant que l’on jette quotidiennement sans se poser de question. Je venais de mettre le doigt dedans et mon mari a rapidement noté que le sujet m’animait.

Ca commence par moi

Quelques semaines plus tard, il m’offrait pour mon anniversaire le livre «  Ca commence par moi » de Julien Vidal. Quelle révélation ! Ca a été une évidence. Nous devions changer nos habitudes de consommation. Pour moi, la phrase clé du livre restera « le zéro déchet rend heureux ». Oui, cela fait du bien. Cela paraît surprenant car on imagine la réduction des déchets comme une contrainte. Et pourtant c’est tout le contraire. Prendre soin de la planète, réduire significativement la fréquence des virées au supermarché, se libérer du superflu ou encore impliquer ses enfants, échanger en famille sur le sujet, renouer avec des pratiques de son enfance, répandre le message autour de soi… Peut être que je me contente de peu mais cela donne du sens à son quotidien et me rend heureuse !

Et comme partager me tient à cœur, j’ai rapidement embarqué mon mari dans la démarche puis créé un groupe Whats’app intitulé « En route vers le Zéro déchet ».

Dans un article du Monde intitulé « Kiffer grand-mère », la sociologue Christine Castellain-Meunier résume très bien la situation : « On est passé de la frugalité imposée à la sobriété heureuse ».

  1. Un retour au bon sens

Réduire sa consommation et le volume des emballages, c’est tout simplement renouer avec les habitudes de mon enfance. En adoptant une posture zéro déchet, notamment dans la cuisine, je me rends compte combien nos habitudes de consommation ont évolué et qu’il suffit simplement de vivre comme le faisait nos parents et grands-parents : cuisiner maison et de saison, râper le gruyère à la moulinette plutôt qu’ouvrir un sachet de fromage râpé, demander au boucher d’émincer des lardons, verser du bon lait dans les pots de yaourt plutôt que remplir son caddy de pots en plastique qui finiront à la benne des non recyclables ou encore supprimer le Sopalin, remettre la main sur les serviettes de table de ma grand-mère… 

A cela mon entourage me répond. Il faut du temps pour cela. Je leur dis : pas plus que passer plus d’une heure au supermarché, vider ses courses, descendre tous les jours les poubelles,…. Et qui vous a dit que je faisais ces taches ? Mes petits se battent pour préparer les yaourts et râper le fromage!

2. Les enfants veulent tous «  sauver la planète »

Les enfants sont friands de la thématique. Ce qui nous permet d’échanger, d’enrichir leur vocabulaire par des lectures, de les aider dans leur geste au quotidien ou encore de faire travailler leur imagination… Lorsque ma fille de quatre ans me dit «  maman, j’ai eu la meilleure idée. Je vais remplir une bouteille, boire dedans et la remplir à chaque fois qu’elle est vide. Et le jour où je meurs c’est facile, je la jetterai». C’est exactement, cela !  

Tous les enfants aiment cuisiner alors profitez-en. Cuisiner avec ses enfants, ce n’est pas uniquement faire des gâteaux. Il se régaleront dès le plus jeune âge à moudre des grains de café, faire des yaourts maison, râper du fromage à la moulinette, couper des fruits, … Un jour alors que j’avais la flemme de réaliser une soupe au pistou, j’ai embauché mon fils de deux ans pour écosser les haricots blancs. Quel gain de temps et quel régal de son côté. Une activité Montessori par excellence !

3. Mes poubelles se sentent légères !

De retour en France après un séjour de plusieurs années en Chine où les produits frais font encore la part belle aux produits industrialisés, j’ai été surprise par le volume de mes poubelles et vite fatiguée de devoir les descendre plusieurs fois par semaine. Aujourd’hui,  grâce à nos nouveaux modes de consommation, j’ai réduit considérablement le volume de mes emballages. Quel bonheur.

  • Les enfants ont chacun une gourde dans leur sac. Exit les bouteilles d’eau.
  • Fini les goûters industriels : Pom’potes, mini BN suremballés. Maintenant les gouters rythment avec fruits secs, fruits frais, un petit sandwich pain-chocolat et des gourdes de compote maison.
  • j’ai remplacé de nombreux produits à usage unique: le Sopalin par des serviettes, le liquide main en bouteille par des pains de savon, les cotons démaquillant par des lingettes lavables très douces, ,…
  • je fabrique quelques produits d’entretien, la lessive notamment
  • j’achète autant que je peux en vrac : pâtes, riz, légumes secs, fruits secs et même mes olives, l’équivalent du Nutella, le café moulu,…

Finalement, je me suis rendue compte que je me rendais en supermarché uniquement pour acheter du lait, de la crème liquide, du beurre,… et du papier toilette. Et lorsque je dois y aller, je suis effarée de voir les frigidaires remplis exclusivement d’emballage plastique pour la plupart non recyclables.

4. Mon porte monnaie s’en réjouit

Béa Johnson, une française vivant à San Francisco devenue l’ambassadrice mondiale de la vie sans poubelles, affiche sur son livre phare 40% d’économie en passant au zéro déchet. Je n’en suis pas encore là mais sur la bonne voie.

  • Acheter mon jambon à la coupe plutôt que pré emballé c’est divisé par deux voire trois l’addition.
  •  Acheter des copeaux de savon que je mélange à de l’eau chaude pour réaliser une lessive c’est bon pour la peau, pour l’environnement et pour votre porte-monnaie. Et puis je ne suis jamais à court de lessive !
  • Je remplace petit à petit les produits ménager par du vinaigre blanc ménager et du bicarbonate de soude,…

Le zéro déchet c’est avant tout prendre conscience de l’urgence de préserver la planète. Nous sommes beaucoup à le savoir mais avons du mal à passer l’acte. Il me semble que ce mouvement doit se mettre en place petit à petit en partant d’une préoccupation personnelle. Se lancer dans un premier temps dans la fabrication de tablettes lave-vaisselle ou coudre vos sacs à vrac, vous risquez de vite abandonner.

Alors trouver une motivation personnelle : cela peut être l’environnement, le soucis de faire des économies ou encore prendre soin de sa santé.

Avec mon petit côté passéiste, c’est le soucis de prendre soin de notre santé qui m’a motivé. Cuisiner maison est inscrit dans mon ADN vous l’aurez compris. Faire la chasse aux épaississants, émulsifiants, conservateurs et autre E1411, E1421, est aussi une motivation. Puis le reste a suivi !

Maintenant que vous savez tout sur mes motivations, je vous laisse dénicher les votre. A très vite pour la suite !

Pourquoi avoir embarqué ma famille dans le Zéro déchet ?

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